" tock tock " par MASKéNADA asbl - spectacle de danse en 2 temps ...

création au Grand Théâtre de la Ville - automne 2005, reprise en novembre 2008

public visé: préscolaire et précoce

Chorégraphie et Danse: Annick Pütz
Production, Dramaturgie et Mise en scène: Daniel Tanson
Architectes / Scénographes: Lisie Theisen + Rolf Giesler
Musique: Serge Tonnar
Costumes: Peggy Wurth
Charpentier: Norbert Brakonnier
Assistance: ...

Description du spectacle

tock tock est un spectacle de danse en deux temps destiné aux enfants de 3 à 7 ans.

La petite enfance saisit le monde environnant en l'explorant. Les informations que lui fournissent ses sens sont primordiales. Le présent spectacle veut fêter le plaisir offert à travers le contact - soit-il tactile, visuel, auditif ou autre - avec toutes ces petites choses qui rendent la vie riche et pleine de couleurs. Il cherche à élargir le champ de perception au-delà de la vision et de l'audition, auxquelles on a tendance à associer –trop exclusivement- l'assistance à un spectacle.

L'espace scénique est conçu selon une miniature architecturale avec des pleins et des vides, des surfaces variées et des accessoires amovibles. Danse et espace scénique sont des éléments équivalents. Ils sont complémentaires et c'est leur rencontre qui stimulera une perception variée, autant pour celui qui regarde que pour celui qui agit.

Nous avons choisi une approche en deux temps :

•  Dans la première partie, un personnage évolue dans une aire de jeu, dans un espace à trois dimensions. Le protagoniste explore les stimulations sensorielles que l'espace lui procure. De manière ludique toutes les

actions sont transposées dans un langage de mouvements :

… Dans une goutte élastique suspendue, un corps s'étire dans tous les sens, comme ça,… comme ça,… et comme ça… jusqu'à ce que celle-ci éclate et que notre personnage échappe. Un atterrissement fracassant pour commencer un voyage originale. Construire cette ville rêvée et habiter toutes les maisons à la fois. Se coincer entre les murs. Grimper le long d'une échelle sonore , monter et descendre jusqu'à ce qu'une mélodie devienne perceptible. Dans une des maison il y a un trou bizarre. Qu'est-ce qui se cache derrière ce trou ?... Une touffe d'herbe, une pomme à moitié mangée, un vieux journal. Toucher les objets et traverser cette sensation du corps. Répéter un même frisson 25 fois afin qu'il commence à se transformer. S'effrayer. S'énerver. Plonger dans l'univers des lettres et des signes pour faire …mmmh…une bonne soupe alphabétique. Compter.

Attraper. Echanger. Rebondir …. Nager dans les airs, sur le toit de la ville…

L'identification au personnage est totale, la pulsion d'imitation est au comble à cet âge. Quelle insoutenable attente avant d'entrer en action soi même… Et c'est ainsi que la fin de la première partie débouche dans une invitation à

venir explorer à son tour l'aire de jeu.

Cette première partie aura une durée d'environ 30 minutes.

•  Dans la deuxième partie, l'exploration de l'espace scénique est autorisée. La timidité enfin surmontée, les enfants refont peu à peu les mouvements qui les ont marqués. Ils s'appuient sur les murs, touchent les surfaces, les volumes, testent leur équilibre, se cachent dans le labyrinthe. Ainsi pourra être relié à ce qui a été vu, entendu et senti dans la première partie, une expérience kinesthésique, …et ceci pendant 20 minutes.

La musique est conçue par un musicien qui manipule autant les instruments acoustiques que les sonorités électroniques, les sons préenregistrés et issus du quotidien. Le rôle de la musique est de faire osciller les atmosphères du spectacle et de suggérer des associations. La danseuse produira elle aussi des sons, par la voix, le souffle, des mouvements percussifs sur les éléments sonores du décor…

La découverte de l'espace de jeu à travers une exploration active de l'enfant suscite sa mémoire corporelle. Les changements de tonicité, le jeu entre stabilité et déséquilibre, la confrontation à des obstacles renvoie aux images et associations proposées antérieurement par l'itinéraire de la danseuse et perçues par chaque enfant selon les expériences de son histoire personnelle. Emmener l'enfant à entrer dans un espace inconnu pour stimuler les découvertes, avant de laisser libre cours à l'imagination, au jeu, à la communication, pour finalement découvrir l'amusement .

La recherche chorégraphique

A partir de quel moment les enfants sont-ils fascinés par le mouvement ; quels facteurs retiennent leur attention ?

Nous nous basons sur les notions suivantes :

•  le jeu  : partir d'un élément réel issu du quotidien, porteur de sens communicatif et/ou utilitaire, transformer son caractère peu à peu afin d'en faire un jeu, un non-sens, pour le simple plaisir de jouer, par déformation, accumulation, en passant par le grotesque etc.

•  le contraste  : l'opposition dans les gestes successifs, grand-petit, rapide-lent, fort-doux…

•  le rythme , qui emmène le corps dans une pulsation, agréable ou dynamique, et qui est souvent portée par une musique, un texte

•  le spectaculaire, le magique , qui naît par le visible/l'invisible, l'imprévisible, l'inhabituel.

•  L'imitation et l'association , par des images fortes qui laissent à chaque enfant l'espace de sa propre interprétation à partir de son vécu personnel.

Le fil rouge dramatique

Une promenade à travers un monde minuscule, un paysage, une ville qui se découvre et grandit. Ne symbolise-t-elle pas aussi les différents aspects et étapes du développement d'un être humain?

Tableau 1 : La naissance
Le corps dans sa globalité – le touchée – l'eau - la formation – la pulsation – les pieds sur terre – un rythme de base

Tableau 2 : La proprioception
La découverte de soi-même – l'isolement des différentes parties du corps; les contrastes : grand et petit, apparaître et disparaître – rythme simple et contrastés

Tableau 3 : La relation à une réalité extérieure à soi-même
La relation à une personne, à un objet – les mini danses associatives – les émotions du souvenir

Tableau 4 : L'acquisition de l'abstraction
La relation au signe, à la langue (… mmh… la soupe alphabétique) et au symbole – la voix

Tableau 5 : Une nouvelle génération
Retour au tableau 1 – lumière et ombre – (petit bonhomme dans le ventre)

La scénographie (voir aussi maquette, resp. photomontages en annexe)

Sur scène se trouve un volume horizontal, composé de 14 blocs creux, construits en panneaux de bois. Haut de +/- 60 cm elles forment au début du spectacle un sol scénique assez haut et épais. La surface de la scène est d'une profondeur de 3,00 m et d'une largeur de 4,50 m.

Pendant le spectacle, les blocs se trouvant en arrière-scène seront manipulés et à fur et à mesure se dressent en position verticale. C'est dans cette position que chacun des blocs montrera sa spécificité (hauteur et surface individuelles, couleurs, matières différentes). Chacun de ces blocs fait penser à une maison qui se construit et qui aboutit à la fin du spectacle à une sorte de skyline d'une ville abstraite.

Ces blocs forment le concept de base pour chacun des différents tableaux de la pièce. La danseuse évolue en dedans de ceux-ci : elle se cache, réapparaît, ne montre qu'une partie de son corps. Aussi elle peut se confronter aux murs qui présentent des particularités, comme p.ex. une échelle sonore, une glissoire ou encore des objets mobiles et manipulables… Les bloc faisant partie d'un même tableau sont coloré dans une même teinte. Le choix des couleurs est importante, chaque couleur créant un univers dans lequel une émotion prédomine. Cette couleur pourra toutefois être parasitée, dérangée, par d'autres éléments colorés.

Les blocs horizontaux du devant de la scène maintiennent leur position pendant tout le spectacle; ils ont la particularité de former un sol sonore, spécifique pour chacun d'eux. Ils sont creux et permettront, dans la deuxième partie, aux enfants de poursuivre un labyrinthe souterrain.

La scénographie fonctionnera comme une   caisse de résonance. La danseuse créera des interactions avec la scène générés par les tapotements des pas et du corps. Un amplificateur pourra être enfui dans un tunnel pour créer divers effets sonores. Divers corps de résonances seront intégrés dans les blocs. Ainsi l'espace scénique pourra être considéré comme un instrument musical à taille surhumaine et afin de produire des sons, le personnage fait une performance physique considérable. Selon le principe : pour créer de la musique la danse s'invente et la danse invente la musique.

Les surfaces des blocs visibles au public seront définies par des matériaux solides, aussi bien que mous comme par exemple de l'herbe synthétique, des mousses, des mailles, du cuir, un bac de sable, un matelas,…

Certains blocs seront revêtus par un miroir : la scène créera un jeu d'imagination et d'illusion. L'éclairage renforcera cette sensation de reflet, de détournement de lumière et de mystère.